dimanche 30 novembre 2008

SATYRICON-ZONARIA (Chez Paulette 2008)

Dire que j'ai failli manquer ce concert ! La mémoire est une bien étrange machine, parfois sélective et surtout pas toujours fiable ! C'est donc la veille au soir que j'ai vérifié la date, persuadé qu'il aurait lieu une semaine plus tard (faut dire qu'il n'y a eu aucune affiche sur Nancy). De plus, la perspective d'assister à un concert tout seul ne m'enchantait guère... Mais voilà, fulminant assez devant la faible assistance de certaines prestations, je me devais d'être présent à un concert donné dans la région de Nancy ! Un concert de Black Metal de surcroît et Chez Paulette ! Évènement à ne rater sous aucun prétexte !
Vendredi 24 octobre 2008, je quitte donc le taf, je passe voir ma Fripouille pour une hydratation houblonière puis je me dirige vers la mégapole : Pagney derrière Barrine (je sais, pour ceux qui ne connaissent pas, ça fait toujours un choc !). Satyricon live in Pagney derrière Barrine, la classe non !!
Il est 19h40, les portes ne sont pas ouvertes, le soundcheck n'est pas terminé et quelques fans présents patientent sous une petite bruine. Une fois à l'intérieur et avant de pouvoir pénétrer dans la salle, il faudra attendre un long moment dans le bar devenu salle d'attente bondée de chevelus !
Finalement, je rejoins enfin le bord de la scène et il ne faut que quelques minutes pour que le concert commence.

C'est Zonaria, un quatuor suédois qui ouvre les hostilités. Ne connaissant pas du tout le groupe, je redoute le syndrome "première partie", le pire côtoyant le meilleur (exemple : le dispensable Karelia et l'excellent Syrens Call). Mais là, bonne surprise, le death mélodique de ce jeune groupe est très bon. Belle présence scénique, gros son, une excellente surprise. Je vais jeter deux oreilles sur leur second album "The Cancer Empire".

A l'issue de leur prestation je retrouve Mike (régional de l'étape) et j'apprends qu'Evile qui devait jouer a annulé, un des membres ayant une fracture du "jenesaispluquoitus" . Les roadies préparent donc direct la scène pour Satyricon. Devant le backdrop à l'effigie du dernier album "The Age of Nero", nous découvrons le superbe kit batterie de Frost (orné d'épines géantes), deux autres bannières ornent les côtés de la scène; la première porte le logo du groupe, la seconde un profil d'un personnage antique (sans doute Néron).
Le concert des norvégiens débute sur les dernières notes d'Hells Bells ! Agréable surprise, une jolie blondinette est la première à investir la scène pour prendre place derrière un clavier (dire que j'ai failli manquer ce concert !). Satyr arrive le dernier. Qu'il est loin le temps des premières années du groupe arborant le maquillage dans la plus pure tradition du Black norvégien. Les musiciens portent tous une chemise noire et pas la moindre trace de peinture sur les visages ! Pour ma part je trouve cette évolution normale et en parfait accord avec la musique du groupe. De plus, Satyr a une telle présence, un tel charisme, qu'il n'a nullement besoin de cet artifice. Ce type a un regard incroyable, il a une façon de regarder la foule... Menton relevé, yeux perçants scrutant la salle tel un aigle. Je l'ai même vu sourire !!
La set list fait la part belle aux deux derniers albums "Now, Dabolical" et "The Age of Nero". Le son est d'une qualité rare et d'une puissance rarement entendue dans ce style.
Après "Angstridden" extrait de "Volcano", le groupe enchaîne "The Wolfpack" extrait du dernier opus et "Now, Diabolical" : quel pied de faire le "devil sign" en hurlant "Now, Diabolical" !!
Suivent ensuite "Black Crow on a Tombstone", "Havoc Vulture" de l'album "Rebel Extavaganza" et "Commando" énorme titre d'ouverture de "The Age of Nero". Puis, "The Sign of the Trident" est présenté par Satyr comme le titre contenant l'essence même du groupe.
"Forhekset" de "Nemesis Divina", "Die by my Hand" puis "The Pentagram Burns" défilent à une vitesse hallucinante. Ca pogotte dur dans les premiers rangs et c'est sans doute rare de voir un tel mosh pit Chez Paulette !!
Le premier rappel s'ouvre avec le tubesque "K.I.N.G." enchaîné avec "Fuel for Hatred".
Manque pourtant encore, le titre emblématique de Satyricon, celui sans lequel le concert n'aurait pas été complet : "Mother North" réclamé par les fans. Le groupe revient donc une dernière fois pour interpréter ce classique du Black Metal et clôturer ainsi un show exemplaire et parfait de bout en bout.

Satyricon est un groupe à part, l'évolution du groupe peut rebuter les fans die hard et true. Sa musique est sombre, parfois martiale, avec des passages atmosphériques. J'ai mis énormément de temps à "comprendre" leur musique, à la domestiquer, plusieurs écoutes des albums ont été nécessaires. Est-ce encore du Black Metal ? Oui... Non...Peut être, c'est du Satyricon, tout simplement !

Dire que j'ai failli manquer ce concert...

jeudi 20 novembre 2008

GIRLSCHOOL - LEGACY (2008)

Les groupes pouvant se vanter de fêter trente ans de carrière ne sont pas nombreux. Girlschool rentre dans cette catégorie. Les frangines de Lemmy and Co font preuve d’une belle longévité et sont des pionnières. La plupart des chanteuses et musiciennes actuelles officiant dans la famille Métal doivent beaucoup à des figures emblématiques comme Girlschool, Doro et quelques autres qui ont su s’imposer dans un milieu longtemps réputé machiste et durer. Girlschool célèbre donc cette année son trentième anniversaire. « Legacy » est également l’occasion de rendre hommage à Kelly Johnson, guitariste du groupe décédée en 2007 et qui a perdu son combat contre le cancer. Kelly peut être fière de ses copines, l’album est sans doute un des (le) meilleurs du quatuor londonien.
Petite anecdote (certains la trouveront d’ailleurs sordide et d’autres, dont votre serviteur, tout simplement bien dans l’esprit « Rock’n’Roll) : Kelly est présente, physiquement, sur l’album. Non pas grâce à un riff ou un solo enregistré avant sa mort, mais par le biais de ses cendres agitées qui assurent les percussions sur le titre d'ouverture " Everything the Same"...
Le second titre, "On The Other Side" évoque le rendez-vous que prennent les filles avec leur copine quand leur temps sera venu (cf. Interview Rock Hard N°82). "Legend" parachève cet hommage en évoquant, avec un texte simple mais que l'on devine tellement sincère et émouvant, la vie de Kelly.
L'album défile à une vitesse hallucinante, pas de balade gnangnan, mais une série de titres de pur Hard Rock, directs, efficaces et variés. Difficile de ne pas taper du pied, de réfreiner l'envie de headbanger, de chanter les refrains ultra efficaces.

Les filles ont une telle légitimité dans le milieu que la liste des guests pourrait bien donner de l'urticaire à pas mal de jeunes pousses qui n'étaient même pas nées quand Kim, Enid, Denise et Kelly sortaient leur premier opus. On note ainsi la présence des deux guitaristes de Twisted Sister, Eddie Ojeda et JJ French sur, respectivement "Spend Spend Spend" et "Don't Mess Around".
La filiation évidente et historique avec Motörhead est confirmée par les soli de Phil Campbell sur "Whole New World", "Just Another day" et "
Don't Mess Around", celui de Fast Eddie Clarke sur la reprise de "Metropolis" et la présence de Lemmy au chant, à la basse et au triangle (!!) sur "Don't Talk to Me".
Ajoutons à cette liste déjà impressionnante, Neil Murray (ex Whitesnake et tant d'autres!) à la basse sur "Legend" et "Whole New World".
Enfin, le morceau "I Spy" rappelle tellement Black Sabbath que Girlschool en propose deux versions, la seconde avec en guests.... Ronnie James Dio et Tony Iommi !
Comme pour boucler la boucle sur sa glorieuse carrière (cet album pourrait être le dernier) Girlschool clot "Legacy" avec deux reprises de son répertoire : "London" et "Emergency".


Je vous ferai grâce de l'histoire des vieilles marmites et des soupes, mais que cet album est jubilatoire, il transpire le Rock'N'Roll, il est tout ce qu'on attend d'un bon disque de Hard Rock !
Merci les filles, respect pour votre carrière et rendez vous pour les quarante ans !!!

vendredi 14 novembre 2008

FREEDOM CALL - SYRENS CALL - ETERNAL FLIGHT (Eloyes 2008)

Quoi de mieux qu'un bon concert de Metal pour célébrer l'amitié lorraino-charlevilloise ?
Ainsi, la venue de mes amis Coco et Blacky coïncidait avec ce concert donné à environ une heure de Nancy. A peine le temps pour eux d'arriver dans la belle ville du roi Stanislas et nous voilà donc partis vers Eloyes !
Nous arrivons avant l'ouverture des portes et nous réfugions sous les arcades proches de la salle : il pleut et pas qu'un peu !!! Nous constatons que ce n'est pas la foule des grands soirs... Putain les métalleux, bougez vous un peu !! Et si vous vous déplaciez aussi dans les petites salles, au moins là vous auriez la chance de rencontrer les membres des groupes ! C'est bien beau de remplir des Bercy pour les grandes pointures, mais pensez aussi à regarder ce qui se passe dans les salles à taille humaine !
Bref, ce petit coup de gueule poussé, revenons à ce concert.
Une fois la fouille opérée, nous achetons un sandwich et une bière et déjà, le set commence.


ETERNAL FLIGHT

Ce groupe français, que je ne connaissais pas du tou
t, nous a livré un bon concert, une excellente entrée en matière. Leur Heavy à tendance Prog passe super bien sur scène et n'est pas chiant du tout. Coup de chapeau au chanteur et bémol pour le guitariste qui "surjoue" un peu dans son attitude !

SYRENS CALL
Avec ce deuxième groupe français de l'affiche, on passe à un niveau supérieur !

Syrens Call, qui célèbre cette année son dixième anniversaire, est mené par sa nouvelle chanteuse au charisme indéniable : Soraya Hostens. Autant dire que votre serviteur était aux anges devant la prestation de ce "groupe à chanteuse" !!
Musicalement, c'est carré, Heavy, mélodique. Une belle petite claque.
J'ai beaucoup apprécié la présence scénique de Soraya, subtile mélange de Floor ou de Sharon mais avec une vraie identité, une gestuelle orientale du plus bel effet. Du coup, à l'issue du concert, je n'avais qu'un objectif... une photo avec Soraya !!! Fin du suspense un peu plus loin !
KARELIA
Je vais essayer de garder mon calme... Je n'aime pas dire d
u mal des groupes dont je n'aime pas la musique... Mais là j'avoue qu'il s'agit sans doute d'un des concerts les plus chiants auxquels j'ai assisté. Musicalement, ce n'est déjà pas mon truc (trop d'électro). Mais ce sont surtout les voix enregistrées qui m'ont géné : aucun des zicos n'assurent les choeurs et du coup on entend des voix doublées, des choeurs, mais y'a qu'un chanteur sur scène ! Effet nul, d'autant que ce dernier fait preuve de trop de suffisance... par charité chrétienne je ne dirai rien de la reprise de Queen...
Alors que le concert n'en finit plus, Coco vient me délivrer : Soraya et Syrens Call sont à leur stand! Vite !

Le groupe au complet est présent et va se révéler d'une disponibilité et d'une gentillesse exemplaires. J'achète illico presto le DVD du groupe (seul enregistrement avec Soraya au chant) et du coup tous les membres me le dédicacent avec gentillesse et humour.
Et enfin, ENFIN, arrive la moment attendu, l'objectif de la soirée : la photo avec la très sympathique Soraya !
Vraiment, ce groupe mérite d'être soutenu, et, à votre tour, succombez à l'appel des sirènes !

FREEDOM CALL
Freedom Call est un groupe qui prend toute sa dimension sur scèn
e. Pour preuve, l'année dernière, alors que j'étais hypnotisé par Julie d'Hydrogyn qui était près du bar de "Chez Paulette", ils ont réussi à me refaire revenir dans la salle pour assister à leur prestation ! Pas un mince exploit !
Freedom Call livrait ce soir la dernière date de sa tournée avant d'entrer deux semaines plus tard en studio. Du coup, le groupe aurait vraiment mérité de jouer devant un public plus nombreux. Mais Chris Bay et ses potes ne s'arrêtent pas à cela. Ils vont livrer un show sans se soucier de ce détail et faire comme si nous étions des milliers : total respect !
Là où les trois groupes précédents ont échoué pour faire participer le maigre public, Chris va en quelques secondes montrer ce qu'est un frontman hors pair. Pendant 1h40,
Freedom Call a livré un véritable best of de sa carrière jalonnée de tubes et d'hymnes (de "Freedom Call" à "Mr Evil").Après cette leçon de Heavy Metal qui nous épargne même les solos interminables et les démonstrations techniques inutiles il est temps de quitter la salle. Les sourires sont sur les visages, cette musique donne vraiment une pêche d'enfer !!
Mais nous ne voulons pas repartir sans avoir rencontré les membres du groupe et surtout Chris Bay. Nous guettons la porte par laquelle il devrait sortit afin de le choper au plus vite !! Pas besoin d'attendre très longtemps...Respect bis !!
Nous échangeons quelques mots (il se rappelle très bien du concert "Chez Paulette" et me donne même le nom de cette salle!) et posons pour la postérité avec ce chanteur d'exception !

Autant dire que nous regagnons Nancy avec des souvenirs pleins la tête et essayons d'oublier au plus vite Karelia...