lundi 26 novembre 2007

TARJA-MY WINTER STORM (2007)

"Put all your angels on the edge
Keep all the roses,
I'm not dead
I left a thorn under your bed
I'm never gone
Go tell the World
I'm still around
I didn't fly, I'm coming down"
I Walk Alone


Nightwish a prouvé il y a quelques semaines qu'il y avait une vie après Tarja. La balle était donc dans le camp de cette dernière qui nous livre enfin son premier album solo (si on excepte son album de Noël disponible uniquement en Finlande ou en import).

Petit mot d'abord sur l'artwork, très réussi qui propose 4 "versions " de Tarja ; The Queen of Ice, The Dead Boy, The Doll et The Phoenix (personnages que l'on retrouve dans le clip très réussi de "I Walk Alone").

A l'issue de la première écoute, réalisée d'une oreille distraite je le reconnais, j'ai été envahi par la déception et le scepticisme...Moi, grand fan de Tarja, allais-je tourner le dos à celle qui m'a procuré tellement d'émotion par le passé? La réponse est non car la seconde, puis la troisième, puis moultes écoutes ont heureusement succédé à la première!!!
"My Winter Storm" n'est pas un album "facile", pas de copier-coller de Nightwish ou de groupes à succés du moment, il se découvre au fur et à mesure, révélant une richesse absolument bluffante. La participation du personnel et la mise à disposition du studio de Hans Zimmer explique sans doute cette sensation d'écouter une BO de film. Cependant, à la différente de Nightwish, cette musique se veut plus intimiste et moins grandiloquente.
D'une manière générale, les morceaux contiennent beaucoup de cordes, de parties de piano, de choeurs. Et jamais Tarja ne sombre dans la démonstration gratuite, au contraire elle aborde un registre beaucoup plus basé sur l'émotion.

Pour la première fois, Tarja a participé à l'écriture et la composition ("Oasis" est même son bébé à 100% et il est sublime, beau à pleurer et m'évoque un peu Lisa Gerrard) et on est ravi de constater que la belle n'est pas seulement une interprête.
Elle ne se livre pas à un réglement de compte avec Nightwish, mais les paroles de "I Walk Alone" me laisse penser qu'on peut y voir une évocation de cette rupture.
Il faut noter également une étonnante reprise du tube d'Alice Cooper "Poison" qui s'intégre parfaitement à la structure et aux ambiances de l'album.
Vous l'aurez aisément compris, toutes mes craintes initiales ont élé levées et cet album va garder une place de choix dans mes préférés de 2007. Tarja vient d'apporter la plus belle preuve qu'elle peut survivre artistiquement à son évincement. Reste à savoir si un tel répertoire lui apportera le succés.

En tout cas, merci Tarja pour cet album, qui je l'avoue, à certains moments, m'a bouleversé (rares sont les albums qui piquent les yeux!!!).

dimanche 25 novembre 2007

OPETH-THE ROUNDHOUSE TAPES (2007)

«The Roundhouse Tapes » (allusion non dissimulée à l’illustre et collector « The Soundhouse Tape » de Maiden) nous permet de nous replonger avec délectation dans les shows qui ont suivi la sortie de « Ghost Reveries ». Ce double album live marque également (et hélas) la fin de la collaboration du sympathique Peter Lindgren avec Opeth.

D’abord un mot sur le packaging. La lutte contre le téléchargement passe par l’édition de digipacks aussi beaux que celui présenté ici. L’artwork est signé Travis Smith et se révèle être en parfaite adéquation avec la musique, inclassable, du groupe.
Décrire la musique d’Opeth revient à essayer d’expliquer l’inexplicable, de trouver des mots pour raconter une couleur, d’appréhender l’infini…Pour moi, Opeth reste une énigme, une invitation au voyage.
Ainsi, le groupe nous convie à nous évader vers des horizons que lui seul connaît. Les premiers albums et des titres moins « évidents » ne sont pas oubliés. Par conséquent, ce live est le complément indispensable du dvd « Lamentations ».

Le capitaine, Mikaël, mène la barre et sa voix tout aussi impressionnante dans le registre hargneux que dans les passages calmes reste la référence dans le genre. Quand on a
assisté à des concerts d’Opeth, on ne peut regretter que ses interventions, pince sans rire et « so british » soient un petit peu moins nombreuses qu’à l’accoutumée (surtout qu’il peut vite se laisser aller au registre scabreux !!!). Retenons toutefois la présentation des zicos en fin d’album et les mots d’introduction de « Under the Weeping Moon » : «…this song has some lyrics that are absolute Black Metal no sense »!!!!
Quelques chiffres : 90 minutes pour seulement 9 titres : aucun titre en dessous de 8 minutes, « Black Water Park » occupe à lui seul 19 minutes. Ces neuf chapitres sont autant d’étapes indispensables dans ce voyage que l’on pourrait quasiment appeler initiatique.
Autre léger bémol, un couvre feu strict ce jour là, a interdit au groupe de livrer deux titres supplémentaires (dont l’énorme « Deliverance ») expliquant ainsi la durée de ce live tronqué d’une bonne demie heure.

Mais ne boudons pas notre plaisir, hormis la durée, «The Roundhouse Tapes » devrait rentrer dans la liste des grands albums live et permettre à tous ceux qui ne sont toujours pas partis en voyage avec les suédois de découvrir un monde musical unique.
Rendez vous est pris pour 2008 avec une nouvelle escapade dans la dimension Opethienne.

mercredi 21 novembre 2007

HELLFEST FESTIVAL TOUR - CHEZ PAULETTE (2007)

Quelques semaines après le concert d’After Forever, nous revoilà Chez Paulette pour une nouvelle soirée Métal. Cette fois, il s’agit de la dernière date du Hellfest Festival Tour.

Arrivés un peu à la bourre, nous n’assistons qu’aux dernières minutes de la prestation de Elvaron. Difficile donc de juger sur ces quelques notes ce groupe de Heavy à tendance progressive mais ce que j’en ai entendu m’a semblé assez convaincant.

Kragens, groupe niçois, a ensuite pris d’assaut la scène et proposé un show bien énergique avec un très bon chanteur (faux airs de Tobias Sammett…vieux !) qui passera sa soirée à immortaliser l'événement en photographiant à tout va !. Au jeu des ressemblances, je ne savais pas que Nathalie Rheims était guitariste dans ce groupe !!! Fin de tournée oblige, le groupe est rejoint par le batteur de Freedom Call qui vient apporter sa contribution au chant. Bon concert de Heavy et un groupe à suivre de près sur la scène hexagonale.

Ensuite vint ce qu’on pourrait appeler Baywatch Derrière Barine !!! La gente masculine s’est transformé en un troupeau de loups de Tex Avery…Hydrogyn est dans la place ! Les photos, c’est une chose, mais voir Julie en chair et en os, c’est …waouh (désolé il n’existe pas de mots !).

En plus, dans son registre, elle assure vraiment sur scène : voix bien en place, belle présence. Musicalement, le groupe n’a absolument rien inventé, mais livre un Hard Rock à l’américaine très efficace et qui finalement, n’est plus trop pratiqué à l’heure actuelle. La set-list propose des extraits de « Bombshell » et surtout des titres à paraître seulement en avril, sur le second album studio. Le désespoir a envahi les regards mâles quand Julie a quitté la scène lors d’un instrumental (« ben n’est ou Julie ? A pu ? Niahhhh »). Le suicide collectif a heureusement été évité et nous avons eu droit à une reprise de Dio (« Rainbow In the Dark ») où le groupe est rejoint par des membres de Kragens et Nightmare.
Dès la fin de son concert, le groupe se prête à l’exercice des photos et dédicaces. Inutile de dire que la belle est très demandée !! Votre serviteur lui livre les futilités d’usage (« Great Show…blah blah »…difficile de se lancer dans une digression philosophique !!), fait signer son livret, se fait prendre en photo et ose lui demander les bises !!!

Les groupes en profitent aussi pour échanger des cds et se dédicacer des posters en souvenirs de cette tournée.

Pendant ce temps, Freedom Call a attaqué son show mais qu’il est difficile de quitter le bar !!!
Finalement, je me décide à aller voir ce groupe qui jusque là ne m’a laissé souvenir impérissable lors des écoutes de titres glanés de ci de là sur des cd. Et bien, révélation et petite claque, c’est excellent sur scène ! C’est super gai, festif, le plaisir de jouer est communicatif. Là encore, le groupe est rejoint par ses collègues de tournée.

Le temps de prendre une bière (occasion de retourner au bar et de reluquer Julie !!) et Nightmare livre le dernier concert du jour et de cette tournée. Comme toujours, sur scène, le groupe est très bon. Pourtant, je les ai trouvés un peu moins convaincants que lors de la tournée en première partie d’After Forever. Peut être est-ce du à l’ambiance feutrée de cette date (très faible affluence ce soir…). A noter que cette « calmitude » est régulièrement rompue par les hurlements d’un sosie de Glen Benton et que la décence m’interdit de reproduire ici ses propos !!!

La conclusion de ce mini festival est marquée par une reprise de Iron Maiden (« Fear Of The Dark ») durant laquelle les 4 groupes sont au complet sur la scène. Au final, belle soirée dont on ne peut que regretter qu’elle se soit déroulée devant si peu de monde.

Et puis maintenant je peux un peu me la jouer avec The photo du jour !!!

mardi 13 novembre 2007

DREAM THEATER - ZENITH DE NANCY (2007)

C’est dans un Zénith bien garni mais pas plein que Symphony X et Dream Theater ont joué en ce mercredi 7 novembre.
Il y a dix ans l’attente pré-concert m’aurait mis dans un état n’ayant d’équivalent que celui de Sophie Marceau avant sa première boum. Mais voilà, autant d’eau a coulé sous les ponts que de Jack Daniel’s dans le gosier de Lemmy…
Concernant Symphony X, j’ai complètement décroché après « Twilight In Olympus » et j’ai à peine jeté une oreille sur le petit dernier «Paradise Lost ». Pour Dream Theater, c’est un peu différent, je suis toujours fan du groupe mais je reste sur deux impressions mitigées. La première concerne le dernier album et la seconde vient de ce concert donné au Parc des Princes en 2005. Coincé entre Within Temptation et Iron Maiden, DT m’avait fortement déçu avec un set destiné à ses propres fans et pas assez ouvert vers tous les autres venus célébrer la Vierge de Fer. Le groupe me devait donc une revanche !!!

Mais revenons à ce concert. Symphony X semblait attendu par pas mal de monde ce soir…Je me demande bien pourquoi ! Certes, ayant décroché depuis un moment, je (re)découvrais leur répertoire. D’une manière générale le son était moyen, la guitare (du pourtant idolâtré par certains Michael Romeo) inaudible ou impossible à dissocier du clavier qui lui même nous sortait des plans éculés et stéréotypés. Ajoutons à cela un manque certain de présence et de charisme des musiciens (à aucun moment Michael Romeo n’est venu sur la droite de la scène) et on pourrait croire que ce concert était loupé… Et bien Zorro est arrivé en la personne de Russel Allen, le chanteur. A lui seul il a sauvé le show : voix énorme, belle présence, à la différence de ses collègues, il va « chercher » le public. Et comme le show se termine avec un titre que je connais (« Of Sins and Shadows »), le bilan est finalement légèrement positif !

Après ce petit hors d’œuvre, arrive enfin le plat de résistance. Le feu tricolore juché dans les projecteurs situés au dessus de la scène peut enfin passer au vert ! Le concert de DT débute par une intro musicale reprenant le thème de « 2001 l’Odyssée de l’Espace » (« 2007 Ant Odyssey ») alors que sont projetées sur l’écran géant des images retraçant l’ensemble de la carrière du groupe. « Constant Motion » ouvre un bal qui va durer 2 heures et d’entrée je surpris par la qualité du son. Jamais je n’ai entendu un truc pareil, un son d’une limpidité exceptionnelle qui permet d’apprécier chaque instrument. Et quand on parle de Myung, Ruddess, Petrucci et Portnoy autant dire que le oreilles frissonnent de plaisir…On frôle l’orgasme auditif !!! Quant à James Labrie, il n’est pas en reste car très en voix ce soir.
A ce plaisir de l’ouïe, s’ajoute le plaisir des yeux : sur l’écran géant on peut apprécier des effets visuels, des animations sublimes en images de synthèse et même un dessin animé mettant en scène le groupe luttant contre un monstre démoniaque.
De plus, pour la première fois, je suis dans la fosse (j’avais vécu mes deux premiers concerts de DT depuis les gradins), presque aux pieds de Petrucci. Sans être moi-même guitariste, quel panard de le voir jouer de si près. Et que dire du kit de batterie de Portnoy…impressionnant tout simplement (à titre d’exemple celui d’Aquiles Priester, pas réputé pour sa petitesse, frôle le ridicule !!). Le batteur à la barbe bleue est aussi le plus expressif, il multiplie les mimiques et les grimaces tout en assurant des chœurs et bien sûr une prestation musicale exceptionnelle.
A cela il faut ajouter les parties de basses hallucinantes de John Myung et de claviers de Jordan Rudess (rien à voir avec Symphony X !!) ! Ce dernier est doté d’un kit monté sur une main géante et qui pivote. Du coup le monsieur joue tout en en se déplaçant circulairement !!!
Sans pour autant connaître sur le bout des doigts tous les titres joués ce soir, à aucune seconde je ne me suis ennuyé.

Techniquement irréprochable, DT n’en oublie pas pour autant le feeling, le plaisir de jouer est indéniable. Le groupe me devait une revanche, il m’a balancé en bonus un coup de boule musical, mes oreilles en frissonnent encore de bonheur !

vendredi 2 novembre 2007

WASP (1984)

Dire que les débuts de WASP ont été remarqués serait un doux euphémisme.
En effet, en 1984, Blackie Lawless (Noireau Sans Loi pour les intimes) et sa bande débarquent avec un premier single subtilement intitulé « Animal (F**k Like A Beast) ». La pochette est elle aussi de très bon goût : un cache sexe masculin orné d’une scie circulaire !! De plus, la signification classique de WASP (White Anglo Saxon & Protestant) a été détournée au profit de l'élégant « We Are Sexual Perverts ».
Le groupe joue donc à fond la carte de la provoc’, engendre les foudres des ligues américaines bien pensantes et du coup bénéficie d’une super publicité ! Le succès est forcément au rendez vous d’autant plus que le titre en question est « foutrement » jouissif !!!
Aussi, le premier album de WASP était il fortement attendu. La première surprise vient de l’absence de « Animal (F**k Like A Beast) ». Il faudra attendre la réédition en cd pour combler ce manque inadmissible ! La seconde surprise est plus agréable…l’album est excellent ! Les 10 titres qui constituent la première version de l’album sont tous des véritables hits et confirment que derrière le plan marketoprovoc se cache un auteur/compositeur d’exception : Mister Blackie Lawless doté de surcroît d’une voix unique et reconnaissable entre mille.
Si les apparences pouvaient laisser croire que WASP était simplement un énième fils de la dynastie Kissienne/Cooperienne, l’album se révèle être un petit bijou de Heavy à l’américaine. Même la « pseudo ballade » est une petite merveille (« Sleeping In the Fire »).
A l’image du premier single, les textes ne sont pas prêts de figurer dans un recueil de La Pléiade mais quelle efficacité !!!
La réédition cd, déjà évoquée, permet également d’apprécier un bonus track (« Show No Mercy ») et surtout une version Waspienne du hit des Stones « Paint In Black ».
WASP signait donc un premier album d’exception et enfoncera le clou avec son successeur « The Last Command ». Il faudra attendre le quatrième album et le cinquième album, les exceptionnels et sombres « The Headless Children » et le conceptuel "The Crimson Idol" pour que s’efface (en partie) l’étiquette grand guignolesque qui lui colle à la peau, mais ceci est une autre histoire !!!

“The Gods you worship are steel
At the Altar of Rock’N’Roll you knell”


jeudi 1 novembre 2007

ARCH ENEMY - RISE OF THE TYRANT (2007)

C’est une sirène annonciatrice de danger imminent et précédant en temps de guerre des tirs de DCA qui ouvre le nouvel album d’Arch Enemy. Ce n’est pas le hurlement d’Angela qui lui succède qui vient nous rassurer… le ton est donné, ça va pas rigoler!!!

« Rise of Tyrant » célèbre le retour au bercail de Christopher Amott après un break qui l’a vu s’absenter le temps du précédent album et des dernières tournées.
Autant dire que le duo reconstitué nous offre des parties de guitares dont ils ont le secret (notons que le livret nous permet de savoir qui joue quoi sur chaque morceau).
D’une manière général, le groupe applique, avec succès, la recette utilisée sur les trois précédents albums réalisés avec Angela. Il y a indéniablement une « patte » Arch Enemy, un style rapidement reconnaissable parmi les groupes de Death mélodique.
L’album s’ouvre avec un hymne qui devrait devenir un classique du groupe : « Blood on your Hands » et les titres suivants restent du même acabit. Le climat général de l’album présente une légère accalmie avec le sublime instrumental « Intermezzo Liberté ».
Paradoxalement et contrairement à bon nombre de groupes dits « à chanteuse », ce sont les parties de guitares qui apportent un peu de douceur dans les titres d’Arch Enemy. C’est d’autant plus le cas dans ce nouvel opus pour la raison évoquée précédemment (le retour du frangin Amott) mais aussi parce que la voix d’Angela apparaît encore plus violente et brutale que précédemment…Je vous assure c’est possible !!!
Je reste toujours sidéré qu’un si petit corps puisse sortir des sons pareils !!!

Au final, encore un excellent album d’Arch Enemy dont la seule petite critique pourrait être l’absence de prise de risque.